La peau, reflet du système nerveux
La peau et le système nerveux sont étroitement liés, littéralement dès le tout début. Au cours du développement embryonnaire, la peau et le système nerveux proviennent du même type de tissu. Ce lien ne disparaît pas après la naissance. Il reste actif tout au long de votre vie.
Lorsque vous êtes stressé(e), votre corps réagit en produisant du cortisol et de l’adrénaline. Ces hormones du stress sont utiles à court terme. Elles vous rendent vif(ve), alerte et prêt(e) à passer à l’action. Mais en cas de stress chronique, ces hormones restent présentes, et elles deviennent alors un problème pour votre peau.
Le cortisol affaiblit le système immunitaire et perturbe la production des substances qui préservent l’intégrité de la barrière cutanée. La peau se déshydrate plus rapidement, devient plus sèche et plus sensible aux irritations. Parallèlement, les vaisseaux sanguins de la peau se dilatent, ce qui provoque des rougeurs. De plus, la production de sébum augmente, ce qui entraîne l’apparition de boutons chez les personnes souffrant d’acné.
Mais il y a autre chose, quelque chose de moins connu et qui est pourtant peut-être le plus important.
Les effets du stress sur le microbiome
Les recherches scientifiques démontrent de plus en plus clairement que le stress modifie la composition du microbiome cutané. Le stress chronique réduit la diversité des bactéries bénéfiques présentes sur la peau. Or, un microbiome moins diversifié est un microbiome plus vulnérable.
Les bonnes bactéries qui protègent normalement la peau diminuent. Les bactéries nocives, telles que le Staphylococcus aureus, qui sont déjà surreprésentées chez les personnes atteintes d’eczéma, ont ainsi davantage de champ libre. Il en résulte une peau moins apte à se protéger, qui réagit plus rapidement aux facteurs déclenchants et se remet plus lentement des lésions subies.
Cela explique non seulement pourquoi le stress ne provoque pas simplement une poussée, mais aussi pourquoi cette poussée dure plus longtemps que d’habitude. Le microbiome a besoin de temps pour se rétablir, et tant que le stress persiste, il reste sous pression.
Il existe également une relation inverse que la science comprend de mieux en mieux. Le microbiome communique avec le système nerveux par l’intermédiaire des nerfs cutanés. Un microbiome perturbé peut envoyer des signaux inflammatoires qui augmentent le niveau de stress. La peau et le cerveau communiquent entre eux, et lorsque cette communication est perturbée, cela se ressent des deux côtés.
L’intestin et la peau : un seul et même système
Ce lien va au-delà de la simple peau. L’axe intestin-peau, comme les scientifiques l’appellent, décrit la manière dont l’état du microbiote intestinal influence celui du microbiote cutané. Le stress perturbe le microbiote intestinal, ce qui se répercute sur la peau. Les personnes souffrant d’eczéma ou d’acné présentent plus souvent des troubles intestinaux. Ce n’est pas une coïncidence. Il s’agit de deux manifestations d’un même déséquilibre.
Ce que vous pouvez faire
Il est illusoire de vouloir éviter totalement le stress. Mais vous pouvez en limiter l’impact sur votre peau, et cela commence par le microbiome.
Une routine respectueuse du microbiome revêt une importance particulière en période de stress. Les produits classiques contenant du parfum, de l’alcool ou des conservateurs agressifs accentuent les perturbations déjà provoquées par le stress. Les produits qui favorisent l’équilibre du microbiome contribuent à limiter ces dommages.
Le sommeil est l’un des mécanismes de régénération les plus puissants pour le microbiome. Pendant le sommeil, la peau produit des hormones de croissance qui restaurent la barrière cutanée et permettent au microbiome de se réorganiser. Les personnes dont le sommeil est perturbé par le stress privent ainsi le microbiome de ce temps de régénération.
L’activité physique contribue à réduire le taux de cortisol. Il ne s’agit pas de pratiquer un sport intense jusqu’à l’épuisement, mais d’adopter une activité physique régulière et modérée qui apaise le système nerveux et stimule la circulation sanguine, y compris au niveau de la peau.
De plus, les probiotiques vivants, appliqués directement sur la peau, peuvent contribuer à stabiliser le microbiome en période de stress. Ils viennent compléter les bonnes bactéries détruites par le stress et renforcent la barrière cutanée au moment où celle-ci est la plus sollicitée.
Le stress n’est pas une excuse. C’est une explication.
Si votre peau réagit lors d’une période difficile, ce n’est pas un signe de faiblesse. C’est le signe que votre corps réagit à ce que vous vivez. La peau ne ment pas. Elle vous envoie un message.
Pour prendre ce message au sérieux, il faut tout d’abord comprendre ce qui se passe sous la surface. Et choisir une approche qui ne se contente pas de traiter le symptôme, mais qui rétablisse également le terrain sur lequel repose la santé de la peau.
Car un esprit plus serein commence parfois par un microbiome plus sain. Et un microbiome plus sain commence par les choix que vous faites chaque jour.









